"Dis moi qui tu hantes, je te dirai qui tu es"

II est des êtres qui, placés près de vous, vous soutirent, vous pompent, absorbent vos forces et votre vie ; espèces de vampires sans le savoir, ils vivent à vos dépens. 

Placés près d'eux, dans la sphère de leur activité, on éprouve un malaise, une gêne qui vient de leur action malfaisante et détermine en nous un sentiment indéfinissable ; vous éprouvez le besoin de fuir et de vous éloigner ; mais ces gens là ont une tendance contraire ; ils se rapprochent de vous de plus en plus, vous serrent de près, se soudent à vous pour soutirer ce qu'il leur faut pour vivre...

D'autres, au contraire, portent avec eux la joie et la santé. 
Partout où ils séjournent, la joie se montre et éclate, on se trouve bien dans leur voisinage ; leur conversation plaît, on la cherche, on aime à leur prendre la main, à s'appuyer sur leur bras ; leur rayonnement a quelque chose de balsamique qui vous charme et vous magnétise en dehors même de
votre volonté. 
On adopte facilement leur manière de voir, leurs opinions, sans trop savoir
pourquoi, et c'est avec regret que, toujours, on les voit s'éloigner.
Nous savons tous que l'exemple est contagieux.
La joie se communique comme la tristesse, la vertu comme le vice, la santé comme la maladie.
La croyance populaire justifie, d'ailleurs, cette vérité par le proverbe : « Dis-moi qui tu hantes, je te dirai qui tu es. »

Hector Durville